« Tout ça, c’est juste pour te donner bonne conscience » …bonne conscience…bonne conscience…conscience…science…science…ience…ience…
Cette phrase raisonne dans ma tête… Combien de fois me l’a-t-on sortie ?
Suffisamment pour que je doute de moi-même et de mes engagements, en tout cas.
« De toute façon, on est tous pourris, c’est la nature humaine, tu ferais mieux de l’accepter. »
Oui, c’est sûr que tout de suite les choses s’arrangent une fois que l’on s’accorde à dire que « l’homme est un loup pour l’homme » et que de toute façon on ne peut rien y changer !
En tout cas, cette vision des choses est sûrement celle à laquelle on a le moins de difficulté à se tenir, puisque qu’elle décharge de toute responsabilité : « A quoi ça sert de se prendre la tête et d’essayer de changer les choses, le monde, les hommes puisque la nature humaine est vouée à l’autodestruction ? » Du coup on ne fait rien, mais RIEN ! On aurait trop peur d’en venir à se dire qu’on a agit juste pour avoir bonne conscience !
Mais après tout, pourquoi ne pas faire des choses bien, même si c’est uniquement pour avoir bonne conscience ? Au moins on fait quelque chose, on ne tombe pas dans le défaitisme et la résignation !
« Tu es tellement idéaliste ! »
Oui, je l’avoue, et ce n’est pas facile, car quand on est idéaliste, on a conscience qu’on est également irréaliste. Et les gens se dépêchent de vous le rappeler ! Peut-être que finalement ils culpabilisent, les gens, à force d’en voir se bouger le cul « pour un monde meilleur », peut-être qu’ils ne sont pas convaincus par ce qu’ils disent, mais ils préfèreraient tellement avoir raison, ce serait tellement plus facile si on ne pouvait rien faire pour changer les choses !
D’un autre côté, ils ont parfois un semblant de conscience qui montrent que s’ils y mettaient de la bonne volonté, les choses pourraient aller un peu mieux : « Il ne faut pas tout mettre sur le dos des politiques et des lobbies, ils ne sont pas responsables de toute la misère du monde ! » En effet, je m’accorde tout à fait à dire que chacun à sa part de responsabilité et que si 6 milliards de personnes (enfin plutôt les quelques milliards qui sont suffisamment lettrés et bien nourris pour pouvoir se pencher sur la question), si tous ces gens prenaient leurs responsabilités, cela pourrait bien avoir plus d’impact que les décisions qui se prennent là-haut.
Toutefois, le pouvoir des politiques et des grands entrepreneurs est loin d’être négligeable car qui prend des mesures sur les droits des travailleurs, sur la protection de l’environnement ? Qui signe les accords et fait appliquer les mesures ? Qui défends ses intérêts qui s’élèvent à des milliards de dollars ? Il faut savoir que le chiffre d’affaires annuel de l’entreprise Total équivaut au coût annuel de la Sécurité Sociale (environ 18 milliards d’euros). Mais à part ça ils ne sont pas responsables ? Ils sont plus au courant que n’importe lequel d’entre nous de ce qui se passe là-haut et la moindre action de leur part peut avoir des répercussions sur les populations que même un rassemblement planétaire de citoyens ne saurait égaler.
Alors oui, je clame haut et fort qu’ils sont en grande partie responsables de la situation et que par conséquent ils pourraient également la changer.
Alors oui, je suis d’accords pour dire que certains (ou certaines) sont « pourris » par le pouvoir et qu’ils sont un frein au progrès général au niveau humain.
Mais tous, nous ne sommes pas « pourris ». Nous sommes inconscients ou irresponsables, nous sommes ignorants, nous avons peur, nous sommes égoïstes, nous ne nous donnons pas la peine d’agir… Mais contrairement aux puissants, nous, nous n’avons pas intérêt à ce que la situation du monde reste comme elle est.
Alors faisons quelque chose, même si c’est juste pour avoir bonne conscience, mais faisons-le. Essayons, au moins.